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Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /Jan /2007 15:04

    « Bon puisque le petit louveteau ne veut rien entendre je vais répéter pour la je-sais-pas-combientième fois pourquoi on ne peux pas débarquer directement à la Cité de l'Eau. »


Il ne l'avait pourtant dit qu'une seule fois, mais la patience de l'Ours était mise à rude épreuve... mal à l'aise sur le petit voilier sur lequel ils avaient embarqué à ******, Il se méfiait de l'équipage, dont il ne pensait pas avoir suffisamment acheté le silence en dépit de leurs vigoureuses promesses de discussion, et avait beaucoup de mal à supporter l'espace réduit de l'esquif. Il rongeait son frein en pestant qu'aucune escale ne soit prévue. En effet, il n'y avait et aucun port depuis ****** jusqu'au lac, et le courant était si fort qu'il était impossible d'accoster directement à terre. Et une fois sur lac, les berges étaient de toute façon trop lointaine et tenter de les atteindre aurait constitué une telle perte de temps qu'on gagnait plus à attendre d'être arrivé à la Cité ou un des deux ports situés sur les rives orientales et occidentales.


Son humeur rarement enjouée s'en trouvait donc encore plus mauvaise.


Il reprit ses explications d'une voix lasse, comme si cela ne le concernait pas, de cette même voix qu'on utilise pour expliquer pour la cinquième fois à un petit enfant pourquoi on lui refuse la fréquentation des voyous du village...


« La Cité de l'Eau c'est pas qu'une simple ville flottante. C'est aussi ici que siège le Prince des Plaines. Croyez donc pas qu'on y entre comme dans un moulin, les gardes du Lac arrêtent pas de patrouiller près des points d'appontage pour y contrôler les nouveaux venus. La plupart du temps y disent rien aux marchands ou à ceux qu'y connaissent de vue comme étant des habitants, mais pour peu qu'y croisent un gars qu'a l'air d'un mendiant ou d'un brigand, à plus forte raison sept gaillards tout encapuchonnés et armés jusqu'aux dents, -suivez mon regard- ils hésitent pas à leur mettre la main au col et à les embarquer pour interrogatoire, et tirent volontiers l'épée si on obéit pas assez vite à leur goût. Même en débarquant en des points différents, je crois pas qu'il sera besoin de définir un point de rendez vous, on se retrouvera tous sans erreur à la caserne, vous pouvez me croire!

-Mais, tenta de répliquer Karl, le Prince est avec... »

L'Ours ne lui laissa pas le loisir de terminer sa phrase. Il se jeta sur lui et le saisit à la gorge, le faisant taire aussitôt.

« Faudra-t-il que je le répète sans arrêt? Gronda-t-il à voix basse. On est un groupe un peu particulier, y a des règles à respecter et si on le fait pas on va tous dans le mur. »

Il le lâcha. Karl se laissa tomber sur le fond du bateau en respirant bruyamment. L'Ours lança un regard furibond aux deux marins curieux qui regardaient la scène et fit un pas vers eux. Ils repartirent aussitôt à leurs tâches sans demander leur reste.


L'Ours se retourna et fit face au groupe, installé sur le pont arrière, et dit d'une voix menaçante :

« Le prochain qui se risque à parler un peu trop, et surtout en public, sur l'identité d'un d'entre nous je me contente pas de l'étrangler brièvement pour qu'il se taise je le rosse jusqu'à ce qu'y puisse plus tenir à quatre pattes. C'est clair ça? »


Personne n'osant lui rétorquer quoi que ce fût et ayant suffisamment donné libre cours à sa mauvaise humeur, il s'en retourna arpenter le navire en pestant contre les remous qui manquaient chaque fois de peu de le jeter au sol


***************************


Il régnait une effervescence inhabituelle dans le port Nord-Est du lac. Les pontons étaient encombrés de navires, pour la plupart en train d'appareiller pour la Cité dangereusement bondés de passagers, et grouillaient d'une foule hétéroclite d'hommes, de femmes, d'enfants, d'animaux, et de soldats qui tentaient tant bien que mal de contrôler les bateaux en partance pour la Cité, si bien qu'ils ne prêtaient guère d'attention à ceux qui au contraire accostait.


Aussi le groupe n'eut-il aucune difficulté à débarquer.

Par Shadowsoul - Publié dans : Castelbrume
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 12:44

"Bah alors caches ta joie! "

Hein? De quoi? Je vous demande pardon?

Oh oui ! Il est minuit... Nous sommes désormais en l'an de grâce 2007...

Fort bien, ainsi s'achève une nouvelle année de haines, de guerres, de massacres de tous genre, de désespoir, d'épidémies, d'hypocrisie, de mensonges et de tous les autres maux de da boite de Pandore...

A l'échelle de ma petite personne, rien de comparable bien entendu, quelques grandes joies et souffrances vrais ça n'a rien d'exceptionnel... Notre lot commun à tous... "relativiser bon sang!" va te faire foutre... Qui a dit qu'on ne mesure pas la petite misère à l'aune de la grande? Je ne sais plus, mais je suis foutrement d'accord avec lui...

Bref ce n'est pas le sujet de ce texte idiot. Une autre fois peut être.

Une année de toute cette merde s'achève donc. Chouette alors. Une autre commence. Encore mieux. Quelle chance avons nous dites donc.

J'ai pas l'air heureux? Si si, je vous assure je suis très heureux, parce qu'il m'arrive une chose merveilleuse (que je ne vous dirais pas). Mais toutes mes excuses si pour moi être heureux n'est pas me torcher la gueule et crier bonne année à tue tête tout en dansant (pardonnez l'hyperbole) sur de la musique que je n'aime pas et trop forte pour mes délicates petites oreilles de metalleux, le tout en étant hypnotisé par des espèces de spots lumineux qui me martèlent les yeux et le cerveau... A choisir je préfére me réfugier dans la paisible douceur de la nuit en chantant doucement de ma voix la plus juste mes chansons préférées...

Ça vous emmerde? Désolé. Désolé de ne pas être capable d'être heureux (on au moins de faire semblant) sur commande. Desolé pour ailleurs de ne pas avoir la même conception du bonheur, du monde et de la vie que vous. Désolé d'avoir refusé de me faire standardiser sur le méme modèle que vous. Désolé de ne pas être comme vous, d'apporter cette noirceur dans votre univers coloré.

Je suis comme je suis. Ça vous emmerde donc? Tant pis je vous laisse tranquilles, je pars là où on m'acceptera enfin comme je suis... Nulle part...seul dans le noir... puisque les gens qui m'aiment, me comprennent, me connaissent, m'acceptent vraiment sont trop loins de moi pour que je puisse les rejoindre sur un simple coup de tête.

Bonne année à ceux qui le méritent, à ceux auxquels je le souhaite réellement, les autres ne valent même pas les 10c que me coûteraient un sms ou la salive que j'userais à leur dire ces deux mots si abondamment répétés en cette période de l'année qu'ils en perdent tout leur sens...

Par Shadowsoul - Publié dans : The Shadowsoul
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /Déc /2006 12:29



Ils revinrent...


Trois jours durant, La Tour résista victorieusement aux hordes qui se brisaient sur ses murailles inébranlables...


Le lendemain du premier assaut, ils tentèrent de prendre la première enceinte à l'aide d'échelles de siège. Ils étaient peut être deux fois plus nombreux que lors de leur première attaque, mais les défenseurs n'eurent aucune difficulté à les repousser, les échelles étant peu solides et mal conçues...


Le deuxième jour, la ruée fut d'une violence inouïe. Des trolls des montagnes jetaient d'énormes rochers jusqu'aux remparts, où les projectiles semaient la panique et la mort... de nombreux archers sillonnaient maintenant les rangs ennemis, accablant de flèches les défenseurs de la forteresse. Les pertes causées par les flèches, javelines et pierres de La Tour étaient effroyables, mais elles étaient si peu de choses au vu du nombre d'ennemis qui s'étendait à ses pieds que ces derniers ne s'en émouvaient pas. L'attaque ne cessa qu'à la tombée de la nuit, quand des sons de centaines de cors retentirent au loin, au delà du camp des hordes de Rocombre. L'espoir insensé se répandit un moment parmi les assiégés que les montagnards Markmenhs étaient venus leur prêter main forte, mais les cris et les chants de joies barbares qui montèrent des rangs ennemis tandis qu'ils se repliaient en bon ordre y mirent promptement fin...


Le troisième jour, la déferlante fut trop forte...


Les soldats eurent un instant l'espoir de réussir à repousser l'assaut comme les précédents, et y parvinrent de fait tant qu'il ne s'agit que de rejeter les échelles qui s'alignaient le long des remparts. Mais la situation fut différente...

Des nuées de Gnolls s'étaient également lancés dans la bataille. N'ayant cure des échelles, ils escaladaient les hauts murs à mains nues, et bientôt chaque soldat dut faire à la fois face à une dizaine de ces pestes agressives et aux Orcs et gobelins qui continuaient de se déverser sur les remparts. Les échelles furent de plus en plus négligées par les défenseurs, qui commençaient à faiblir face à tant d'adversaires.


Soudain, l'espoir revint.


Sa grande épée, nue et étincelante sous le soleil, brandie avec toute sa férocité, Bestin le Noir parcouraient la première enceinte. Partout où il venait, les soldats reprenaient espoir et l'ennemi était fauché comme le blé. Peu à peu, les défenseurs de La Tour semblèrent reprendre la situation en main, les coups de l'ennemi parurent de plus en plus dérisoire, comme des coups de poings d'enfant en colère sur un mur de pierre, face à la rage du Capitaine Noir.


Mais cela ne dura qu'un temps.


Quelque part sur les remparts, à l'opposé de l'endroit où se battaient à ce moment le Capitaine une échelle parvint à trouver un appui, à grands renfort de flèches et de roc jetés par les attaquants.


Le premier combattant qui posa le pied sur le mur était un être de taille humaine, entièrement couvert d'une puissante armure noire et brandissant une cruelle épée. Il tua à lui seul cinq des soldats qui le défièrent, avant que la vague d'Orcs qui le suivaient ne rende la mêlée trop chaotique pour suivre ce qui se passait.


Dès que Bestin eut connaissance de la défaillance de ses hommes, il se porta avec ses meilleurs hommes d'armes à la rencontre de l'ennemi pour rejeter l'ennemi hors des murs.


Les deux groupes non loin des deux bastions qui défendaient la Porte de la première enceinte. 


Mais ils ne se jetèrent point l'un sur l'autre...


Tous s'arrêtèrent brusquement... En tête de chaque groupe se trouvait son champion.

Et les hommes les plus vaillants se trouvèrent mals à l'aise en regardant le face à face des deux silouhettes sombres, toutes deux vêtues d'un noir abyssal et brandissant de longues épées...

Celui qu'on appelait Le Corbeau, l'Ombre, le Paladin parfois, le champion des armées de Rocombre faisait enfin face à Bestin, le Capitaine Noir, l'invaincu défenseur de La Tour... Ils se fixèrent sans bouger pendant un instant qui parut une éternité, chacun attendant que l'autre engage le combat...

Mais finalement, ils se ruèrent l'un sur l'autre exactment au même instant.

La violence du duel qui s'engagea était telle que d'un côté comme de l'autre, ceux qui les observaient en oublièrent de se battre, fascinés par le furieux combat ces deux ombres mortelle... Ils entrechoquaient si fort leurs lames brûlantes qu'il en jaillissait des étincelles, et le choc était si puissant qu'il en blessait presque les oreilles des spectateurs...

Les deux adversaires semblaient de même force, et on eût pu songer que leur combat ne cesserait finalement que par une mise à mort mutuelle, chacun abaissant sa garde au même instant. Mais les Soldats de la Tour les plus avertis ne s'y trompèrent pas. Un détail les alarmait; le Corbeau semblait laisser son adversaire mener le jeu, et repoussait plus ou moins facilement ses assauts, mais ce faisant; Il riait!  D'un rire grave et profond, comme venu de profondeurs de la terre, qui jetait une ombre sur les coeurs mais laissait croire qu'il s'amusait follement... se laissait-il emporter par la joie d'avoir rencontré un adversaire à sa taille?

Ou se gaussait-il de lui?

La réponse se dévoila vite. Après une botte de Bestin qui faillit briser la garde du Corbeau, ce dernier contre-attaqua brutalement. Il ne riait plus, et cette fois il suait la haine, si perceptiblement qu'elle enténébra plus encore le coeur des hommes d'armes qui sentirent peu à peu une effroyable peur se distiller dans leurs veines, plus lancinante que le plus sournois des poisons...
Bestin, surpris par la violence de cet assaut, ne put que se maintenir sur la défensive, et commença à reculer de plus en plus, contrant à grand peine les coups de son ennemi.

Finalement il perdit l'équilibre après avoir encaissé un formidable coup de taille avec sa lame, qui tomba à ses pieds.

Il se retrouva à terre, et avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, un pied cuirassé de fer obscur écrasa sa gorge.

"Tu ne peux rien contre la Fureur, misérable sot!" lui murmura le Paladin de sa voix d'outre-tombe, avant de lui transpercer la poitrine de la pointe de sa lame, perçant son coeur...

Ce fut le signal de la débandade. La peur explosa comme un terrible brasier dans le coeur des soldats de la Tour, qui commencèrent à se refluer en désordre vers la seconde enceinte, certains si terrorisés qu'ils tirèrent l'épée contre leurs propres camarades...
Par Shadowsoul - Publié dans : Castelbrume
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Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /Déc /2006 14:08
Ou que porte l'oeil ce n'est que haine et fureur,
Que lames cruelles et dégouttantes de sang...
Pas un seul regard pour ceux qui meurent
L'air est souillé d'odeurs de sang et de cris déments

Il est porteur d'une étrange musique;
Râles d'agonie et cris de colère
Rorment une mélopée diabolique
Rythmée par la voix stridente du fer

Elle s'achève sur un choeur de  terribles cris
De joie... que diable y a-t-il donc en l'homme qui
le fasse se réjouir de la mort de ses frères?
Par Shadowsoul - Publié dans : The Shadowsoul
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 13:37
Une question fort intéressante que l'on m'a posée là^^

Si on demande aux gens pourquoi ils n'aiment pas la pluie, les réponses seront la plupart du temps évasives, peu argumentées...
-"parce que ça mouille" (la plus conne possible)
-"parce qu'après j'ai lees chevux qui frisent"
-'parce que ça me déprime"....
Voilà ce qu'on pourrai entendre le plus couramment...

La conséquence de cela c'est que quand la pluie tombe, les rues se vident. Les gens se cloîtrent chez eux et les rares qui sont obligés de mettre le nez dehors parce qu'ils ont oublié d'acheter un paquet de sucre ou que Medor devient très chiant ont l'air équipé pour une alerte bactériologique voire une sortie dans l'espace, et la plupart du temps pressent en plus le pas.

Et pourtant, pour peu qu'on y réfléchisse un peu, qu'on prenne la peine de s'arrêter un peu et qu'on pense "merde, pourquoi je coure?" avoir peur de la pluie apparaît vite comme une véritable absurdité!

Qu'est ce la pluie sinon de l'eau qui tombe du ciel?? Qu'est ce qu'on risque à part être un peu mouillé? Et après tout, les vêtements sèchent... la pluie en elle même n'est pas dangereuse, seules ses conséquences, conséquences d'ailleurs indirectes, peuvent l'être. Alors pourquoi s'en protège-t-on comme si c'était de l'acide?
Au contraire, la pluie est même la vie! Maillon indispensable du cycle de l'eau, elle est la principale source d'approvisionnement directe ou indirecte des cours d'eau, des nappes phréatiques... Elle en elle même ou par voie de conséquence ce qui permet à de nombreux êtres vivants de vivre. Preuve en est que tout le monde s'alarme dès qu'on a manqué de pluie pendant un petit mois...

Comme pour bien d'autres comportements humains, on peut pense qu'il s'agit d'un conditionnement, lié à l'éducation. Un exemple très simple; enfant, combien de fois vos mères vous ont elles bassiné avec les sempiternels "Mets ta capuche, il pleut!" Sors pas dehors, il pleut, tu vas être malade"! "AAh horreur il pleut courrons nous mettre à l'abri!", "oh quel dommage il pleut, je coris que tu ne vas pas pouvoir aller jouer avec tes copains... T'as qu'à faire tes devoirs!"

La conséquence logique qui en découle est qu'on se retrouve cloitré à l'intérieur à un âge où on préfère de loin être dehors (à part les aspirants geek qui dormaient déjà avec leur console de jeu). La pluie est donc associée à quelque chose de désagréable, qui nous prive de certains loisirs et amène son lot de contraintes particulières, en même temps que, directement en lien avec le conditionnement, elle est perçue comme une chose dont il faut se protéger à tout prix.

Cette idée de la pluie restrrictive pourrait également être la cause par association inconsciente d'idées de la tristesse qui en prend certains quand la pluie tombe (bien que consciemment la raison de leur tristesse leur échappe au bout d'un certain temps alors qu'enfants ils savaient clairement que cela venait de l'ennui). Une cause un peu plus naturelle pourrait être l'absence de la  lumière du Soleil, qui cause à beaucoup un certain désarroi. J'ai en effet remarqué que la pluie quand le Soleil parvient en même temps à percer les nuages offre un panorama magnifique (je ne parle pas seulement des arc-en-ciel, qui ont plutôt tendance à me blaser, mais de la luminosté d'ensemble...)

Je ne sais pas si j'ai vraiment clairement et incontestablement répondu à la question, mais je pense avoir ouvert la voie gâace à ces quelques piostes de réflexion^^
Par Shadowsoul - Publié dans : Remue-neurones
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /Nov /2006 11:37

Le vent chassa les nuages, dévoilant une pleine Lune étincelante.


La nuit était calme. Sur les puissants remparts de La Tour, rien ne bougeait, hormis les quelques gardes qui patrouillaient en silence, torche à la main, se saluant de la main lorsqu'ils se croisaient.


Pourtant, la tension était à son comble.


Chaque maison et chaque cour était encombrée de vivres, d'animaux, de réfugiés fuyant l'avance ennemie, trouvant à grand'peine de la place. Chaque baraquement, chaque tour était bondé d'hommes en armes. Les uns déjà terrassés par le sommeil, les autres incapables de le trouver, anxieux... et ceux qui parvenaient à dormir avaient le sommeil agité...


Car tous savaient qu'une puissante horde s'avançait dans la nuit.


Sur la première enceinte, deux hommes marchaient, la clarté de la Lune projetant leur ombre sur la pierre. L'un était tout de noir vêtu. Ils parlaient à voix basse...


« Nous avons reçu moins d'aide que nous ne l'escomptions, Capitaine.

-C'est à dire?

-Seulement une cinquantaine d'hommes parmi les réfugiés ont accepté de prendre les armes, les autres ont refusé de quitter leurs familles. Il y a en outre une vingtaine d'hommes issus des gardes de quelques villages voisins qui sont venus nous prêter main-forte. De bons soldats, certes, mais ils sont bien trop peu...

-Peu importe, les vivres dureront plus longtemps si nous avons moins de bouches à nourrir.

-Et les réfugiés?

-Nous les nourrirons aussi bien sûr... vous en doutiez?

-Mais ils ne prendront aucune part au combat! Ce sont des bouches inutiles! Nous aurons dû les renvoyer!

-Et où seraient-ils allés? A la Cité de l'eau? Les gardes du Lac ont une peur bleue des réfugiés. Pour eux ce ne sont que pillards et vauriens. Ils les auraient laissé pourrir aux portes des ports, même si toute l'armée de Rocombre était derrière eux, plutôt que de les laisser poser un pied sur les Pontons de la Cité. Et vous vous trompez, ils pourront nous être fort utiles même s'ils ne combattent pas, nous ne pouvons pas nous passer de bras armés pour éteindre des incendies ou renflouer les carquois, eux pourront fort bien s'en charger. Ce serait la moindre des choses. Mais baste, combien de temps pouvons nous tenir?

-Ma foi nous avons bien des vivres pour tout le monde pour deux mois, le puit est comble, et nous avons malgré tout assez d'hommes pour garnir les remparts... mais je doute fort que nous puissions longtemps tenir la première enceinte. L'ennemi est fort, et nous avons trop peu d'hommes pour bien la garder...

-Alors nous la perdrons, répliqua tranquillement Bestin, mais la seconde ne tombera pas. »

Son compagnon afficha une moue sceptique, mais son supérieur l'ignora.


Le son du tocsin troubla soudain la sérénité de la forteresse. La Lune s'était voilée, la plongeant dans les ténèbres...


Du haut du Donjon, on pouvait voir au loin une marée de lueurs de torches affluer. Ce ne fut d'abord qu'une ligne indistincte sur l'horizon, puis elle s'étala peu à peu dans la pleine, laissant deviner malgré l'obscurité le nombre qui s'avançait dans la nuit.


La Place forte grouillait maintenant d'activité, l'air s'emplit de cris; d'hommes, de soldats, d'animaux effrayé; de pleurs d'enfants, de cliquetis de métal, d'ordres brefs. Les remparts et les tours se comblèrent d'hommes en armes, les feux de nombreux foyers et torches tentèrent de percer les ténèbres.


Au loin, la plaine qui s'étendait aux pieds de la fière forteresse était maintenant couverte des lueurs de l'armée de Rocombre en marche. Ce fut une rumeur indistincte qui parvint la première aux murs, un son angoissant de métal entrechoqué, de voix rauques, de hurlements inhumains... sur les remparts, les hommes murmuraient terrifiés que des démons habités par les esprits destructeurs venaient les anéantir...


La rumeur alla en s'amplifiant, et devint bientôt vacarme. La forteresse était silencieuse à présent. Elle attendait, droite et silencieuse, mais tous ses membres tendus, comme un chasseur qui attend la charge d'un fauve.


Le vacarme se calma quand l'armée de Rocombre fit halte, d'un seul bloc, presque à portée des engins de jet de La Tour, assez près pour que de bons yeux puissent distinguer les flammes danser sur le métal des armes grossières.


Il passa un instant avant que le tonnerre ne se déchaîne de nouveau, sous la forme d'un chant de guerre barbare, braillé plus que chanté par toutes les gorges répugnantes de l'armée des immondes créatures, dans une langue inconnue; gutturale et violente. Il devint de plus en plus fort, de plus en plus violent, jusqu'à ce que sur les remparts, certains hommes soient si pris de terreur qu'ils tombèrent sur leurs genoux en lâchant leurs armes et en gémissant, se bouchant les oreilles comme si elles les brûlaient, tandis que les plus courageux et les plus aguerris sentaient un doute s'immiscer dans leurs coeurs...


Au terme d'une dernière note, les créatures poussèrent de concert un effroyable hurlement, et se ruèrent enfin en avant en scandant ce qui semblait être un nom...


« Boutez leur le feu!! »


Dès que l'ordre commença à courir sur les remparts, le feu de La Tour se déchaîna. De chaque mur, de chaque tour, de chaque bastion jaillirent des volées de flèches enflammées; cependant que les engins de jet installés sur les murs de la deuxième enceinte vomirent un déluge de traits et de roches.


La grêle mortelle s'abattit dans les rangs ennemis. Plusieurs créatures prirent feu, devenant des torches vivantes, offrant aux assiégés le spectacle de véritables feux follets sur la terre ferme. D'énormes pierres broyaient des corps, et parfois continuaient après le premier choc leur course mortelle en fauchant d'autres vies et laissant un sillon de corps désarticulés derrière eux.


Mais cela ralentit à peine la marée de créatures, qui continuait sa ruée vers les puissants murs

Cependant, quand ils furent arrivés assez près des murs pour que leur odeur répugnante agresse les narines des défenseurs, leur élan se trouva brisé. Nombre d'entre eux sentirent le sol se dérober sous leurs pieds, et ils furent précipités dans des fosses hérissées de pieux aux pointes durcies au feu, qu'avaient creusées les hommes de la forteresse depuis peu en prévision de l'attaque. Ceux qui venaient après eux, emportés par leur élan, les suivirent jusque dans ces étranges tombes. La nuit résonna de leurs cris de souffrance. Ceux qui parvenaient à éviter les pièges devaient faire de tels détours et étaient si ralentis que malgré l'obscurité ils étaient flèchés sans difficultés par les archers. Comme la vague qui monte à l'assaut de la plage, la marée ennemie, après sa ruée première, ralentit, hésita, se brisa...


Puis reflua.

Des cris de joie jaillissaient à présent des murs en même temps que les projectiles... les créatures reculaient, gênant d'abord ceux qui arrivaient derrière eux qui commencèrent par les injurier dans leur langue barbare, mais quand ils eurent vu assez des leurs tombèrent devant leurs yeux, le corps percé d'une flèche ou écrasés par un rocher, ils reculèrent également.


La horde ennemie reculait bientôt en désordre.


Sur les remparts de La Tour, le Capitaine Bestin circulait dans les rangs en faisant taire les cris de joies sur son passage, sa voix dénuée d'émotion égrenant la même sinistre prophétie...

« Ils vont revenir... »


La Lune réapparut, comme si elle ne s'était voilée que pour s'épargner la vue de ce carnage...

Par Shadowsoul - Publié dans : Castelbrume
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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /Nov /2006 14:04


Au clair de la Lune dansent mes illusions
Triste danse de folie et de déraison
Grandeur des rêves et bassesse des espoirs,
Montent vers la lumière puis chutent dans le Noir...

Dansent! Danse! Saute! Rêve!

Au clair de la Lune dansent mes illusions
Espoirs déchus tendent le bras à mes passions
Et tous m'entrainent dans cette infernale danse
En se jouant de la douleur qui m'élance

Dansent! Danse! Saute! Rêve!

Au clair de la Lune dansent mes illusions
Je danse avec elles et j'y perds toute raison
Change de cavalière à m'en tourner la tête
Verrais-je jamais la fin de cette étrange fête?

Dansent! Danse! Tombe! Crève!

Au clair de la Lune dansent mes illusions,
S'avance un invité sous un noir capuchon
Qui me tend une main blanche et décharnée.
Je la prend et nous dansons comme deux damnés

Dansent! Danse! Tombe! Crève!

Au clair de la Lune dansent mes illusions
Au milieu d'elles je danse tel un démon
L'invité surprise a oté son capuchon
Et je contemple avec effroi quel est mon sort
Je suis encore vivant mais je danse avec la Mort
Par Shadowsoul - Publié dans : The Shadowsoul
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /Nov /2006 18:07
L'arroseur arrosé! :-D



Une célèbre animatrice radio US (Dr Laura Schlessinger) fit remarquer que l'homosexualité est une perversion. "C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination". La Bible le dit. Un point c'est tout", affirma-t-elle.


Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait : Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques.

- Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?
- Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains,mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?
- J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, Chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?
- Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?
- Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14?

Je me confie pleinement à votre aide.


(merci à Kingsliver sur le blog duquel j'ai trouvé cette anecdote fort édifiante! ;-)
Par Shadowsoul - Publié dans : The Shadowsoul
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