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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 10:49

Qu'est-ce que Craindre la mort, sinon se prétendre en possession d'un savoir que l'on n'a pas?


Socrate


Une citation pour le moins intéressante... Et assez pertinente en mon sens. Car en effet, pourquoi craindre quelque chose qu'on ne connaît pas? Simplement parce que c'est là un travers bien humain je pense...


Nous ne savons rien de la mort, et ce précisément parce que tout ceux qui ont tenté l'expérience ne sont pas revenus s'en vanter parmi nous... Seule exception; les personnes qui ont connu une NDE (Near Death Experience), à savoir une sorte de transe, survenant pendant un coma jusqu’à arrêt momentané des fonctions vitales. Ces gens prétendent avoir eu un aperçu en toute conscience de ce qu'est l'après-décès... le phénomène a été développé dans les livres de Bernard Werber Les thanatonautes et dans une moindre mesure L'empire des anges. De tels individus sont pourtant plutôt mal considérés par les scientifiques, qui prétendent que les visions, les sensations que ces miraculés ont connu sont le résultat d'une surdose d'endorphines produites en quantité par le corps au moment du trépas pour atténuer la douleur.

La mort elle même est difficile à définir. Thérapeutiquement certes, rien de plus simple, l'individu est considéré comme mort à l'arrêt du cerveau. Et pourtant de nombreux rapports font état de personnes dans le coma dont le cerveau était mort mais dont les autres fonctions vitales, certes assistées artificiellement, continuaient d'assurer la survie du reste du corps! L'idée de mort est dès lors plus difficile à définir, mais il ressort de cet exemple que du point de vue de l'être humain, est considéré mort qui n'est plus conscient de lui même; qui n'est plus qu'une masse biologique continuant de vivre par réflexe. Cela est après tout assez proche des philosophies qui énoncent que l'âme est tout et que le corps n'est qu'un fardeau. Mais cela reviendrait-il à dire que les animaux, dépourvus de spiritualité, ne seraient pas réellement vivants?

Être ou ne pas être, telle est la question... Cette sentence désormais célebrissime de Shakespeare est critiquable si on s'en sert pour essayer de définir la mort. Car il convient alors de définir ce qu'est "l'être" et le "non-être". Si on se base sur la définition thérapeutique citée précédemment, le "non-être" serait donc la mort cérébrale et "l'être" simplement son antithèse. Donc une fois que nous sommes morts nous ne "sommes" donc plus? Dans les seuls termes la proposition est contradictoire puisque l'on "est" défini comme mort! L'idée de mort n'est donc pas simplement une non-existence, puisque nous existons toujours en temps que personne décédée! Agatha Christie avait intitulé un de ses livres (dont les péripéties avaient lieu en Egypte, pays du culte de la mort par excellence...) "La mort n'est pas une fin". Si l'on considère mes dires précédents, voilà qui est on ne peut plus vrai.

Cette survivance de l'être à travers la mort se retrouve aussi dans le soin apporté aux dépouilles dans toutes les sociétés humaines, sans exception aucune, et ce depuis les sociétés primitives. Il n'est aucun peuple au monde qui jette ses cadavres au dépotoir comme le font les fourmis. Tous se sentent tenus de prendre soin de la dépouille, et d'honorer sa mémoire! Pourquoi ce soin, alors qu'elle est morte? Parce que nous ne savons rien de la mort (et dans certains cas nous avons forgé des croyances pour pallier à notre ignorance).


Le fait est ainsi établi, nous ne savons rien de la mort, au point que nous ne savons même pas la définir avec précision d'une manière incontestable.


Ainsi ceux qui craignent la mort craignent quelque chose dont ils ne savent rien... Attitude fort humaine je l'ai dit, qui est d'ailleurs le fondement de l'intolérance maladive de l'être humain.

Par Shadowsoul - Publié dans : The Shadowsoul
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