Samedi 10 juin 2006
Dans le Japon D'autrefois, la mort était perçue, non pas avec désinvolture, ce n'est pas vraiment le mot, mais comme, pourrait-on, dire une simple formalité, quelque chose de ni effrayant, ni insurmontable.
Ls samouraïs, dont l'un des principaux enseignements étaut de ne pas craindre la mort, voire de s'y exposer avec témérité, sont un exemple flagrant de cette vision des choses. Leur suicide rituel, le seppukku ou hara-kiri, était, selon le cas :
-un moyen de laver la honte issue d'un aacte méprisable et restaurer ainsi son honneur et celui de sa famille
-Un moyen de l'empêcher de survenir; un samouraï préférait se tuer plutôt que tomber aux mains de ses ennemis et connaitre la honte de la défaite
-Parfois même un simple geste de critique envers son seigneur, une manière de montrer sa désapprobation sans encourir le déshonneur qui découlerait de s'opposer à lui ouvertement, dans la mesure où le samouraï lui avait juré une fidélité absolue.
L'acte de se donner la mort était ainsi tenu en très haute estime, comme un acte de courage et d'honneur de la plus haute qualité. Pour cette raison sans doute, le suicide rituel avait rarement lieu dans le secret, était souvent public.
Inutile cependant de préciser qu'un samouraï préférait sans doute amplement mourir au comabt dans une gloire éternelle, terrassé par un ennemi plus doué que lui (auquel cas son honneur était sauf) après avoir vaincu de nombreux adversaires.
Dans les sociétés occidentales en revanche, la mort est beaucoup plus mal perçue, et le suicide plus mal encore...
Tant que la religion a prévalu, on peut supposer que les humains ne craignaient pas vraiment la mort., car il croyaient à une autre vie après celle ci, à la survie de l'âme (au paradis pour les bons, en enfer pour les mauvais, on connait la chanson. Un peu trop manichéen à mon goût cette vision des choses.).
De plus, au moyen âge notamment, la mortalité et tout particulièrement infantile atteignait des sommets. Dans la mesure donc où elle faisait partie du quotidien, on ne la redoutait donc que peu. (Hurlemort - Serge Brusselo : un paysan parle au sujet des enfants, en disant qu'ils ne sont guère là "que de passage", qu'hier ils jouaient dans la boue et se couchaient avec une forte fièvre, et le lendemain on les retrouvaient roides morts, et donc qu'il ne fallait pas s'y attacher...)
En revanche le suicide était déjà tenu en éxecration, car considéré comme un péché envers Dieu
censé être seul juge de ce que nous méritions la vie (que paraît il il donne lui même) ou la mort.
Et de nos jours?
Au Japon je ne saurais le dire, si ce n'est que le rituel du seppukku est peu à peu tombé en désuétude, sans doute avec l'éviction progressive des samouraïs au cours du XIXème siècle, quand le Japon tentait de copier la civilisation européenne sans chercher à conserver la sienne. Pour autant que je le sache, le dernier seppukku a eu lieu en 1970. L'auteur Yukio Mishima, qui défendait le Japon traditionnel et les anciennes vertus des samouraïs s'est suicidé de cette manière.
Mais dans le Monde Occidental, on assiste à un fort recul du sentiment religieux (j'en suis un exemple flagrant^^). La foi dans la vie après la mort recule donc aussi, et on commencer à réllement craindre l'idée de la mort. L'acharnement thérapeutique est un bon exemple de la pensée qui prédomine aujourd'hui : on n'a qu'une vie, donc il faut en profiter au maximum et s'y accrocher à tout prix.
Les progrès de la médecine et de la bioscience ont également contribué à forger cette peur irrationnelle de lma mort. La mortalité infantile a reculé, l'espérance de vie est passé d'une quarantaine d'années au Moyen âge à plus de 80 ans de nous jours, et dépassera sans doute 100 ans d'ici la fin du siècle, voire même avant.
Mais plus la vie s'allonge, plus on redoute de la voir finir. La mort n'est plus habituelle, on en a donc peur. Même la façon d'annoncer et d'accompagner la mort contribue à nous la faire craindre.
Comme Bernard Werber l'a admirablement démontré, de nos jours quand quelqu'un va mourir, il est transféré à l'hôpital pour que ces messieurs s'en donnent à coeur joie de le maintenir en vie le plus longtemps possible, et quand il finira par s'éteindre on passera un simpple coup de fil pour annoncer sa mort à sa famille. Les enfants ne reverront plus leur grand père, il est sorti de leur vie en catimini, sans se faire remarquer, alors qu'autrefois la famille l'aurait veillé et accompagné jusqu'à la fin de son agonie.
Ainsi lorsqu'on se trouve soi même en situation de mourir prochainement, on se trouve devant l'inconnu le plus total, et il est de notoriété publique que l'être humain redoute l'inconnu.
La découverte du mécanisme de la vieillesse a pour son compte permi de comprendre qu'elle n'avait rien d'inéluctale, car non inscrite dans les gênes. Aussi certains se sont mis à rêver d'immortalité. (au moins une association existe de personnes, médecins, chercheurs, qui croient à l'immortalité et la recherchent, et se réunissent régulièrement pour faire le point sur les avancées de la science dans ce domaine.
Quand au suicide, il reste mal perçu, d'une part il est considéré par beaucoup comme un acte de lâcheté, car un refus d'affronter la vie, d'autre part peut être à cause de cette peur de la mort. En effet, alors qu'on a perdu l'habitude de cotoyer la mort, quand on se retrouve face à un suicidé le choc est rude, car rien ne nous a préparé à affronter cela.
Je terminerai cette article par un petit pied de nez à l'expression "tant qu'il y a de la vie il ya de l'espoir." Fort bien, mais quand il n'y a plus d'espoir, peut on encore vivre?
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