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Castelbrume

Vendredi 23 juin 2006
Livre 1: L'éveil du Loup

Chapitre 1 : Le château des brumes

"Morbleu!"

Geoffroy ramassa en grommelant la lourde épée qui venait de tomber à terre. La ceinture venait de lâcher. Depuis le temps qu'il en réclamait une neuve! Maintenant il allait devoir finir sa ronde en tenant sa lame à la main. La plaie! Tenir la lance et la torche d'une seule main, merci bien!

Fichue nuit en plus! Pas d'étoile, pas de Lune, il fait noir comme dans un four! De la Tour aux corbeaux qu'il garde, il n'arriverait pas à mieux voir un dragon en train de se gratter l'oreille qu'une souris passant sous les remparts! La brume n'arrange rien! Quelle purée de poids! Et quel froid...

Enfin... plus qu'une petite heure et il allait être de congé. Il allait enfin rentrer chez lui pour deux jours, revoir sa femme, ses enfants... Tiens il a justement fait une sculpture en forme de cheval pour le petit dernier... c'est pas très réussi,  mais ça lui fera plaisir!

Faut dire qu'il n'avait le temps de le faire qu'entre deux rondes, alors à chaque fois il devait se reconcentrer, en plus juste avec un couteau pour tailler il y a...
Un choc
Une Douleur aigüe
Chute
Ténèbres...

L'ombre se relève lentement, et essuie sa lame sur un pan de son ample manteau noir.

La sentinelle git à terre, la gorge tranchée...

***************************


"Il y a quelque chose de pas clair!"
Le chef des gardes pivota lentement sur son tabouret pour se retourner vers celui qui venait de parler.
"qu'est ce qui t'arrive?
-Je vois plus vers la Tour aux corbeaux! Aucune lumière...
-Et alors?
-Et alors normalement y a Geoffroy qui la garde cette foutue tour!
-Laisse tomber, dit un garde. Tu le connais, il s'est endormi, ou alors sa torche s'est éteinte, ou alors il a fini son tour de garde... que sais-je encore?
-Non, intervint leur chef... son tour de garde ne se termine que dans une heure, et ça justifie pas qu'il n'y ait plus de lumière, la sentinelle suivante serait venue...
-Ben moi je bouge pas mes fesses! Il fait bien trop bon ici pour aller me les geler dehors pour aller relever cet imbécile de Geoffroy, qui d'ailleurs est peut être juste mort saoûl! Déjà que dans deux heures je devrait prendre mon tour de garde, j'ai aucune envie d'anticiper le moment où je devrais sortir...
-Bravo pour la solidarité les gars...
-Hè!! La tour du renard!
-Ben quoi?
-La lumière s'est éteinte aussi!!!
-Là par contre c'est pas normal! C'est Jehan qui la garde. Un excellent soldat. Désolé pour tes fesses Guy, mais va falloir te bouger. Prenez tous des torches et vos armes, et soyez sur vos gardes!
-On laisse le corps de garde sans surveillance?
-Je ferme et je garde les clés sur moi. Pas de panique, c'est de la bonne serrure. Il faudrait un bélier pour lé défoncer! En route les gars!!"

***************************


"Foutredieu! Quel est le bougre qui a fait ça?"
Un petit cercle s'est rapidement formé autour du cadavre du garde. Ses armes gisent, inutiles, à ses côtés.
"il s'est fait trancher la gorge par derrière... Bon sang comment ça a pu se passer? On est sur une des plus hautes tours de ce foutu castel, et le seul accès ici est l'échelle et la trappe... Pour ne pas entendre quelqu'un se faufiler jusque là, soit le gars est sourd, soit c'est le quelqu'un qui fait pas plus de bruits qu'un chat, soit il est expert en escalade!!
-Soit il vole", dit un garde d'un ton badin
Personne ne rit
"Ca va les gars, je plaisantais...
-Bon si c'est la même merde à la tour du renard, commença le chef, je vous préviens que je vais êtrre extrêmement contrarié et en irascible, alors le premier qui me ressort une badinerie de ce genre...
-La tour de l'aigle!!
-Ne me dis pas que..."

De la tour de l'aigle, plus aucune lumière ne parvenait. La silouette de la sentinelle auparavant à peine perceptible par la lumère de sa torche était devenue tout à fait invisible...

"Cette fois c'en est trop! s'échauffa Guy! Aux armes les gars, trouvont le fumier qui a fait ça, et faisons lui regretter d'avoir foutu les pieds ici!! Je donne la moitié de ma solde à celui qui me ramène sa tête!! Sus à l'assassin!
-SUS A l'ASSASSIN cria à son tour le reste de la patrouille, qui s'égailla en tous sens à la recherche de l'intrus.
-Hè, attendez un peu sombres idiots! Le gars qu'a fait ça est dang... Revenez donc ici!! Vous allez tous vous faire tuer un par un si vous vous séparez... Revenez c'est un ordre!" S'égosilla le chef

En pure perte. Sur les remparts, dans la cour, sur les plate formes des tours, couraient maintenant en tous sens de petites lueurs jetées par les flammes des torches. Allant, venant, s'arrêtant puis repartant, montant, descendant, à peine visibles dan la brume... on eût dit qu'une armée de feux follets avait envahi le château...

"Foutredieu, soupira le chef... Je vais laisser courir ces imbéciles... quand ils en auront assez de chercher, ils reviendront au corps de garde..."

Quelle mouche avait donc piqué Guy, de prendre la tête comme ça? D'accord, Jehan était un bon copain à lui, mais ça ne suffisait pas à excuser qu'il désobéisse comme ça aux ordres et se croit à même de diriger le reste de la patrouille! Il allait falloir s'expliquer sérieusement avec lui...

***************************


En grommelant,  il rentra au corps de garde.

La porte n'était pas fermée à clé.

"Allons bon, vla aut' chose! J'étais pourtant persuadé de l'avoir fermée! Si quelqu'un s'en aperçoit, je suis bon pour être fouetté..."

Il se réfugia avec soulagement dans la chaleur de la petite salle, où seul le crépitement du feu troublait le silence, posa son épée sur la table et se laissa tomber sur la première chaise venue, face à la cheminée.

"J'espère au moins que l'intrus va se décourager en voyant autant d'hommes lancer à sa poursuite,  songea-t-il. Quelle sale affaire... C'est la première fois que quelqu'un dans ce foutu tas de pierres se fait occire par une main étrangère sans qu'on soit assiégés... Faudra en parler au Roi... Ouais il faudra, c'est une menace pour lui de toute façon... Un meurtre dans son propre castel! Il en aura si peur qu'il en oubliera de me faire fouetter. Ca serait pas plus mal, j'ai pas envie d'avoir le dos tellement en miettes que pour les campagnes de printemps je pourrais plus porter mon paquetage..."

Il s'étira sur sa chaise et gémit d'aise. On était quand même rudement bien dans cette petite pièce! Pas comme la grand'salle, qu'un arbre entier brûlant dans la cheminée ne suffisait pas à réchauffer! Ici la chaleur était mieux conservée.

Par contre cette foutue serrure...

Il bondit sur ses pieds.

"la Serrure! s'exclama-t-il! Ca m'était complètement sorti de la tête! Pas moyen de la forcer sans double, elle est inviolable! Enfin normalement... Et je l'avais fermée, foutredieu! Qu'est ce qui a bien pu..."

Il se dirigea vers la porte et l'examina perplexe.

Il posa la main sur le loquet pour aller voir ce qu'il en était à l'extérieur.

Il sentit le métal froid sur sa gorge avant la main qui se plaquait sur sa bouche

*************************** 
Par Shadowsoul Zéphyra
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Vendredi 23 juin 2006
"Les clefs!?" Interrogea une voix menaçante, visiblement déguisée.
La main se retira de la bouche, mais la pression de la lame sur le cou s'accentua
Le Chef des gardes ne pouvait pas se retourner pour entrevoir son agresseur. Il ne pouvait pas bouger, sans quoi la lame déchirerait sa gorge. Il tomberait à terre comme un sac vide et s'etoufferait dans son sang. Ses jambes étaient bloquées par celle de l'inconnu, aucun moyen de le déséquilibrer. Un vrai professionnel...
-Je vous donnerais pas les clefs, parce que si je le fais et qu'on s'en aperçoit, je vais mourir de toute façon. Tuez moi donc! Je n'en ai cure!
-Hum? .... En fin de compte je puis trouver ce que je recherche sans votre aide..." dit l'intrus en arrachant de la ceinture du garde un lourd trousseau de clefs.
Les yeux de ce dernier s'écarquillèrent quand il sentit le métal aller et venir brutalement sur sa gorge...

***************************


Plusieurs gardes entrèrent de leur pas lourd dans la salle, parlant bruyamment.
Le premier entré trébucha en grommelant et se retourna pour voir ce qui l'avait déséquilibré.
"hè les gars! Le chef a craqué on dirait! Regardez moi ça, il est mort saoûl!
-Il a dû renverser la bouteille d'ailleurs, plaisanta un autre.  Regardez, si c'est pas une misère de gâcher du bon vin comme ça...
-Ce n'est pas du vin..."
L'homme qui venait de parler retourna le corps du bout du pied.

Chacun put voir la plaie béante au cou...

"Merde!! s'écria un garde.
-Il y a pire les gars... dit un autre d'un ton lugubre en désigant quelque chose au fond de la pièce..."

La porte qui permettait d'accéder au reste du donjon, un énorme assemblage riveté de bois de chêne et de métal, à deux battants, béait sur les ténèbres obscurcissant la pièce suivante.

"Le roi!!!"

Les gardes tirèrent leur armes précipitemment et se ruèrent par l'ouverture, les ténèbres se dissipant devant leurs torches.

***************************

"Messire!! votre épée!"
L'écuyer du roi venait de lancer d'un geste précis le chef d'oeuvre de forge à son suzerain, qui n'en empara sans peine. Il la tira aussitôt du fourreau dans ce bruit caractéristiques qui ressemble un peu à une plainte, et fit face à son adversaire.
Il savait qu'il allait peut être mourir, mais il n'en avait cure.
Affermissant sa prise sur la poignée, tenant fermement son écu de l'autre, il le toisa férocemement, poussa le haut et clair son cri de guerre qui avait si souvent fait trembler ses ennemis, et couru vers lui, l'arme brandie.

Le dragon ouvrit une large gueule et l'instant d'après le roi fut enveloppée d'une nappe de lumière blafarde et aveuglante à la fois, de brûlure et de douleur. Le feu l'environnait, l'enveloppait, l'étouffait comme une eau ardente
Si mal...



Le roi se réveilla en sursaut.
Sueur...
Le feu crépite encore dans la cheminée. Peut être peu trop.
Il se lève d'un pas mal assuré et ouvre un instant la fenètre.
Toujours cette brume...
En quatre siècles depuis sa construction, jamais la brume n'a cessé de flotter sur Le Castel.
C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on l'avait construit en cet emplacement. L'utilisation d'armes de sièges en devenait particulièrement malaisée, et la tâche des archers ennemis presque impossible.

Evidemment de ce fait, il était défficile de voir l'ennemi venir de loin, mais des avant-postes avait été installés au dehors de la nappe opaque. Au son du cor, le château pouvait savoir qui approchait.

Et jamais, malgré vingt cinq sièges successifs, il n'était tombé face à un assaut. La pire situation avait été le jour où la première enceinte avait été presque prise, mais le courage du capitaine Bergald et de ses meilleurs hommes avait permi de repousser les hordes ennemies. Jusqu'au bout, ils avaient tenu bon sur la tour de l'aigle, et avait même tenté une sortie héroïque, qui avait redonné du coeur à toute la garnison. Chaque homme s'était battu comme un lion, et la première enceinte avait été reprise avec succès. La Porte n'avait pas été menacée.

Bergald avait péri de ses nombreuses blessures.
Il avait refusé de cesser le combat jusqu'à ce qu'il soit vidé de son sang...

CastelBrume était imprenable, voilà l'idée qui était dans tous les coeurs de ses défenseurs.


Le roi referma la fenètre.
Il faisait maintenant plus frais dans la pièce. Dormir serait plus aisé à présent.

Il se figea soudain.
La peur l'étreignit
Il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce

***************************
Par Shadowsoul Zéphyra
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Samedi 24 juin 2006
Il ne put ni crier, ni faire un mouvement.

Une ombre se jeta sur lui d'un coin de la pièce.

Une lame s'enfonça dans ses entrailles puis dans sa gorge.

Il tomba en arrière, complètement désemparé.

Sa tête heurta brutalement le sol de pierre et il sombra dans les ténèbres...

***************************

"IL EST ICI!!!"

La vingtaine de gardes fit bruyamment irruption dans la pièce, l'épée au clair, les torches brandies, et s'arrêta stupéfaite devant le spectale de leur roi gisant à terre dans son sang.

L'Ombre se tenait à coté.

"Va au diable!!!!" Cria un garde en se jetant sur elle, l'épée brandie.

L'Ombre l'esquiva et déséquilibra le garde qui se retrouva au sol en pestant.

Le chuintement du métal tiré du fourreau se fit entendre. L'Ombre brandissait à présent une grande épée à deux mains.

Tous les gardes se jetèrent sur elle.

Contrant l'attaque du plus proche, l'ombre rejeta la lame de coté et lui plongea la sienne dans la poitrine.

Avec une habileté diablolique, elle l'extirpa violemment du corps du malheureux qui tomba à terre en râlant de douleur, et contra si brutalement le coup d'estoc qu'un autre garde tentait de lui assener par derrière que ce dernier lâcha son arme.

Il n'eut pas le temps de se ressaisir. La grande épée fouilla ses entrailles, mal protégées par une cotte de mailles de mauvaise qualité.

L'instant d'après, l'Ombre avait encore jeté deux adversaires à terre en un seul large coup de taille horizontal, et tenait les derniers en respect, dos au mur pour assurer ses arrières.

"Rends-toi! Cria un garde. Tu n'as aucune chance! Nous sommes encore seize et tu es seul!"

L'Ombre rit soudain.

***************************

Un rire étonnant. Complètement inattendu de la part d'un être aussi diabloliquement meurtrier. Un rire non pas sombre, sépulcral ou cruel, mais clair et limpide comme l'eau d'une source, coulant avec facilité et légèreté dans la pénombre de la pièce.

Les gardes furent comme subjugués et soudain incapables de faire un seul mouvement contre une créature dotée d'un si beau rire.

Ce fut leur perte.

Cinq gardes s'écroulèrent, frappés à mort. Mettant l'instant de surprise à son profit, l'ombre avait violemment chargé le plus proche, qui n'avait pas eu le temps de se mettre en garde et était mort la gorge béante, décapité ses deux voisins de deux puissant coups de taille, et éliminé deux autres qui se ruaient sur elle.

Les derniers, surpris par la violence de cette attaque, ne firent guère mieux. Incapable de se coordonner pour un nouvel assaut, il se firent tuer les uns après les autres en tentant de charger ou de se défendre, avec fort peu d'efficacité.

Il ne resta bientôt plus que deux êtres vivants dans la pièce. L'Ombre et son dernier adversaire, auquel elle faisait face, l'épée haut levée en un mouvement de garde vigilante.

Le dernier garde tenait son épée d'une main tremblante. Son regard s'égara un instant sur les corps de ses compagnons tombés, puis s'arrêta sur son adversaire.

Le feu crépitait toujours, et jetait un éclat infernal sur l'Ombre.

Le regard du garde s'aventura un moments sur la silouhette en face de lui. Elle avait clairement forme humaine, mais rien n'était visible sous l'ample capuche noire.

Cependant, les manches du manteau s'étaient retroussées sous l'effet de la garde particulière de la créature; et laissaient apparaître deux bras d'une étonnante finesse chez un être de cette habileté à l'épée.


Le garde interrompit son examen et essaya de se concentrer sur sa tâche.

Il devait tuer cet être. Il devait venger son Roi. Il devait gagner...

Sa main se crispa sur la poignée de son arme. Il se précipita en hurlant vers l'Ombre. Un cri horrible, entre la peur, la colère et le désespoir.

Il ne put même pas porter un coup.

Courant l'épée levée, sans assurer sa garde, il n'avait pas tenu compte de l'allonge de la créature, supérieure à la sienne. Elle avait brusquement abaissé son épée et porté un puissant coup d'estoc dans la poitrine du garde, qui l'instant d'après s'écroulait à terre.

L'Ombre abaissa son épée dégouttante de sang et laissa errer son regard sur la scène du combat.

Elle avait accompli sa mission.
Par Shadowsoul Zéphyra
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Lundi 26 juin 2006
Chapitre 2 : Karl

"il y a eu environ 23 morts en plus du Roi..."
L'intendant du Roi, effondré sur son siège  - un peu en deça du trône royal -, écoutait le rapport du capitaine de la garde.
-Il y a eu un véritable massacre dans la chambre du Roi. Apparemment une patrouille était arrivée avant que l'assassin ne puisse partir. Ils étaient vingt. Aucun survivant. Ils se sont tous fait tuer sur place, manifestement avec une épée de grande taille d'après le guérisseur. Celui qui a fait ça est un véritable démon. Réussir à se tirer d'une situation aussi désavantageuse est...
-Pas d'autres témoins?...
-Aucun. Toutes les personnes qui auraient pu nous fournir des renseignements plus précis doivent être mortes cette nuit là... Il semble qu'aucun des gardes n'ait eu la présence d'esprit de sonner l'alarme. "

L'intendant réfléchit un instant. Pour le moment, seul quelques personnes dont lui étaient au courant du drame, mais il y avait fort à parier qu'avant la fin du jour tout le castel serait au courant, et avant une semaine le royaume entier saurait que le roi était mort. La rumeur allait enfler... Bien vite, les plus puissant vassaux du Roi commenceraient à se quereller pour obtenir la couronne... ils en viendraient vite aux mains... et les contrées voisines...

"Messire?"
L'intendant se ressaisit.
"Excusez moi. "
Il se redressa sur son siège.
"Il nous faut prendre des mesures. Pour commencer, ordonnez aux gardes et à tous les gens qui ont vu la scène de garder le secret absolu. Faites seulement parvenir une missive au Prince Eric. Le Roi parlait de lui comme seul successeur possible sur le trône. Et de fait il a moult qualité comme meneur, et  son Ost est de taille à faire taire les objections des autres vassaux.
Nous garderons le secret quelques jours. Il me parait évident que ce e pourra être fait très longtemps, mais si la rumeur doit se répandre, je veux faire en sorte de contrôler ce qu'elle dira. Commencer à enquêter sur l'assassin. Cherchez soigneusement s'il a laissé des traces exploitables de son passage. Qu'on me le ramène mort ou vif.

***************************

"J'vous dis que le Castel a été attaqué cette nuit!"
L'homme qui venait de parler ainsi était un garde déjà fort aviné, affalé à une table dans une taverne miteuse dans le petit Bourg  de CastelBrume.
"Hè l'ivrogne! Grommela le tavernier. Si le Castel avait été attaqué, on aurait sonné le tocsin, tout le bourg se serait réfugié dans la Castellerie, les maisons auraient été incendiées, les champs ravagés. C'est ainsi que ça se passe d'habitude. On a rien vu de tout ça, alors arrête de dire comme quoi il y aurait eu une attaque!
Le garde ricana.
"Si qu'on a rien entendu c'est que c'est pas des humains qu'on attaqué! C'est une armée de démons. Y sont arrivés en volant, y z'ont occis toute la garnison des tours et y z'ont été occire notre bon Roi. Paix à son âme... dit-il en vidant sa chope cul sec, s'attirant un regard réprobateur de la part du tavernier. Même qu'y avait cent hommes qu'on essayé de les arrêter! Tous zigouillés! Couiiic!
-Foutaises! S'écria le tavernier. Allez paye moi donc ce que tu me dois et débarasse moi le plancher, j'ai mieux à faire que d'écouter tes balivernes d'ivrogne."
L'homme partit d'un fou rire avant de sécrouler sur sa table.
L'instant d'après il ronflait paisiblement.
Le Tavernier soupira...

Une personne qui se tenait dans un recoin ombrageux se leva et se dirigea vers la sortie après avoir payé sa note.
Elle cachait son visage sous une ample capuche noire.

"Bonjour tout le monde!" S'écria le capitaine de la Garde en entrant.
-Bonjour messire Karl! Quelles nouvelles du castel?
-Oh rien de... Hè! Attention où vous mettez les pieds!" Il venait de heurter la personne vêtue de noir de l'épaule. Cette dernière se fit et ne dit rien pour s'excuser et se contenta de sortir d'un pas égal.
"Il y a des gens d'une grossiereté... Je vous disais  : rien de particulier tavernier, rien de particulier...
-Ne vous en faites point pour cette personne, messire, ces étrangers, ils se croient tout permi!
-Etranger?
-Celui là est arrivé Hier dans la matinée. Un type bizarre... Même en plein Soleil il se cachait sous son manteau noir, et il a passé tout son temps dans sa chambre. Je ne l'ai pas vu en sortir une seule fois.
-Bizarre. Bon je suis venu chercher un de mes gars...
-Oh je vois... vous le trouverez à la table du fond là bas, en train de cuver.
-Sacrebleu... il va m'entendre celui.... Hum? Qu'est ce que ceci?"

Son pied venait de heurter un objet effilé. Il se baissa et constata qu'il s'agissait d'une dague fort ouvragée. La Lame était couverte d'entrelacs, encadrant une Rune étrange. La poignée était incrustée d'un rubis de belle taille, et la garde était un véritable chef d'oevyre de forge.
Un détail le frappa cependant plus que les autres...
"Oh, intervint le tavernier, ça doit être à l'étranger qui vient de partir. C'est peut être tombé quand vous l'avez bousculé... Bon vous récupérez votre gars là? Parce qu'il me monopolise une table de quatre à lui seul et en plus il n'est guère bon pour l'image de...
-Non, envoyez plutôt quelqu'un au castel pour qu'on vienne le chercher... j'ai à faire.

Il sortit précipitamment.

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Par Shadowsoul Zéphyra
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Mardi 27 juin 2006
Sitôt sortit, il enfourcha sa monture qu'il lança à plein galop à la poursuite de l'étranger vêtu de noir, qu'il rattrapa un peu avant la sortie de la ville.
Il allait au pas, sans se presser, et ne paraissait nullement impressioné par le fait qu'il venait de se faire rattraper par un homme armé de la Garde
Karl fit marcher sa monture aux côtés de celle de l'étranger et exhiba la dague.
"je crois que ceci est à vous"
Pas de réponse. L'étanger n'eut même pas un mouvement poiur montrer qu'il avait entendu.
"Cette arme avait l'air précieuse, j'ai pensé que vous apprécieriez de ne point la perdre..."
Toujours pas de réponse.
"Bon en ce cas je vais la garder puisque manifestement vous n'en avez cure. Je puis tirer un fort bon prix d'une telle oeuvre d'art.
L'étranger ne répondait toujours pas
"il va me rendre fou... pensa Karl. Puis à voix haute : Bien, veuillez m'excuser, j'ai encore fort à faire! Bonne journée à vous!
Il s'apprêta à faire demi tour quand la main de l'étranger se leva et se saisit les rênes du cheval de Karl.
"Chevauchez encore un peu à mes côtés, voulez vous?"
Karl fut surpris du timbre de cette voix, manifestement féminine.
"Fort bien, cependant j'ose espérer que vous ne comptez point me mener jusqu'au bout du Royaume, j'ai tout de même quelques obligations qui...
-Rassurez vous, Nous n'irons pas beaucoup plus loin qu'en dehors de la ville, dans les bois. Vous me rendrez là ce que vous avez ce que vous avez trouvé.
-Ah je ne m'étais donc point fourvoyé, cet objet est bien à vous?"
Pas de réponse.
"Mais pourquoi vouloir attendre d'être sortis de la ville? De plus ces bois sont fort dangereux dit-on...
L'inconnu garda le silence. Karl décida d'abandonner et continua à chevaucher à côté de lui - d'elle?

Ils franchirent l'arche de pierre richement décoré qui marquait l'entrée de la ville.

***************************

Contrairement aux promesses de l'inconnu, ils s'enfoncèrent assez longtemps dans la forêt. Karl commençait à ressentir quelques angoisses. En cet endroit, les arbres étaient déjà hauts et fournis, et la lumière du Soleil si rare qu'on allait dans une semi pénombre... Le chemin était périlleux, creusé d'ornières et nids de poules en tout genre, parfois emporté dans des dépressions du sol par des glissements de terrain, et Karl crut plus d'une fois que son cheval allait choir.
La vue d'une flèche plantée dans le sol et abîmée par les intempéries eut raison de sa patience.
"Sommes nous allés assez loin à présent?"
L'inconnu stoppa son cheval et sa capuche se pencha un instant vers l'encolure, comme s'il réfléchissait.
Il parla enfin :
"A la réflexion nous sommes je pense ici suffisamment à l'abri des regards indiscrets."
Il descendit de cheval. Karl en fit autant.
"Montrez moi cette arme?"
Karl la lui tendit, mais garda une ferme prise sur le manche.
"Oui c'est bien ma dague. Grand merci à vous" puis en voyant que Karl ne lâchait pas l'arme "Pourriez vous me le rendre à présent? C'est un trésor de famille pour lequel j'ai grand' affection, et j'aimerais le récupérer sans plus attendre!
-Certainement, mais j'aimerais auparavant vous poser quelques..."

Il ne termina pas sa phrase.

***************************

Une flèche venait de se planter dans le sol à peu de distance de son pied. Il leva la tête et vit une créature armée d'un arc rudimentaire, juchée sur un roc, qui l'interpella de sa voix rauque.
"Délestez vous de vos objets précieux, voyageurs, ils risquent de fort vous encombrer pour votre voyage dans ces bois, et il serait regrettable que vous le poursuiviez avec des flèches en guise de chargement.
Un troll des bois.
C'était de fort pitoyables créatures, peu courageuses, souvent malingres et peu astucieuses, mais douées d'une épouvantable malice et d'une vigueur étonnante pour leur taille assez réduite.
Il était étonnant cependant qu'une d'entre elle s'en prenne seul à plusieurs voyageurs, même avec un arc...
Karl allait répondre par un sarcasme cinglant quand l'incconu se jeta sur lui, lui arracha la dague des mains et projeta cette dernière en direction du troll, qui la reçut en plein coeur et s'écroula au sol avec un cri aigu.

Aussitôt, de derrière les arbres, de tous les trous creusés dans le sol, surgirent des dizaines de ces créatures, qui encerclèrent Karl et son compagnon d'infortune.
L'un d'eux leur cria de sa voix désagréable:
"On voulait seulement vous détrousser et vous laisser poursuivre vot' route à pied sans rien d'autre que vot' peau sur le dos, finalement j'pense qu'on va plutôt vous pendre par les pieds au dessus du feu et qu'on jettera vos dépouilles aux corbeaux!! Sus, les gars!!

Le calme oppressant de la forêt disparut dans un brouhaha de voix rauques et de sons d'armes entrechoquées.

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Par Shadowsoul Zéphyra
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Mardi 27 juin 2006
Karl dégaina son épée longue, à la lame ornée des armes du royaume, et fit dos à l'inconnu, qui pour sa part avait tiré du fourreau une épée de belle taille, à la longue poignée.

Les trolls poussèrent encore quelques instants leurs hurlements de guerre, et se jetèrent sur leurs adversaires.
Leurs armes étaient pour les plupart rudimentaires, des massues grossières constituées de racines ou de branches à peine dégrossies et incrustées de morceaux de pierre ou de métal, et ci et là quelques armes de bonne facture, probablement dérobées à des voyageurs.

Ils commencèrent par occire les chevaux, et ressèrent leur cercle autour des deux combattants. Seulement, ils n'osaient pas encore les attaquer, probablement un peu effrayé par la taille de leurs lames.

Karl analysa rapidement la situation. Ils étaient deux, accoutumés au maniements des armes (ou du moins le supposait il pour le cas de l'inconnu), face à environ quarante trolls des forêts au style de combat plutôt aléatoire et malhabile. Ils avaient leurs chances s'ils tentaient de percer leurs rangs et de fuir, ces créatures courtaudes ne couraient pas vite... mais....
"Hè!!" s'écria soudain.
Trop tard. L'inconnu, l'épée relevée sur le côté, chargeait la horde en poussant un cri de guerre suraigu.
Cinq trolls tombèrent bien vite sous sa puissante lame, tandis que les plus proches s'écartaient précipitamment, tout en criant des insultes et menaces dans leur langue barbare.
Karl chargea à son tour, parvenant à occire un troll qui lui barrait la route, puis à bloquer l'arme d'un deuxième avant de lui abattre violemment le tranchant de son épée longue sur le crâne qui se fendit sous le coup.
L'instant d'après il en tenait une dizaine en respect. Ces derniers n'attaquaient pas franchement, ils l'agaçaient, de petites feintes peu téméraires, destinées à le troubler et le fatiguer.
L'inconnu pour sa part avait encore tué trois trolls, dont deux d'un seul coup de taille. Frustré par une telle habileté, Karl se rua contre le cercle de trolls autour de lui et tâcha de rattraper son retard.
Il venait de tuer un autre troll quand il se rendit compte que l'inconnu était en facheuse posture...

Il avait dérapé et s'était manifestement coincé le pied dans un noeud de racines. Il était harcelé par cinq trolls, dont un qui s'approchait dangereusement par derrière. Manquant de place et de liberté de mouvement pour manier son arme, l'inconnu ne pouvait que tenir ses adversaires en respect.
Mais une tâche sombre s'étalait lentement sur son manteau noir, déchiré au niveau de l'épaule.

Karl poussa un cri de guerre et perça le cercle et abattant deux trolls qui lui barraient la route, et se fraya un chemin jusqu'à lui. Il occit rapidement deux trolls et celui qui s'approchait par derrière, et se retourna pour faire face aux autres.

Le reste de la horde commençait du reste à perdre courage ayant déjà perdu plus du quart des leurs. les trolls se rassemblèrent cependant pour un dernier assaut et chargèrent tous ensemble en glapissant.

Les deux guerriers disparurent bientôt sous une masse hurlante de corps malingres et d'armes grossières

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Rocombre...

Cette ténébreuse forteresse, juchée au sommet d'une ancienne montagne ardente, est le coeur de n'ennemi séculaire du Royaume de CastelBrume.

Elle règne sur de vastes et sauvages territoires, que tout être humain normal jugerait invivable. Des marécages putrides, d'étranges régions désolées d'où de l'eau bouillante jaillit, comme si elle sugissait du coeur des enfers, de sombres forêts ou vievnt des créatures étonnantes et terriblement dangereuses...

Des êtres vivent pourtant là, trolls des forêts, Orcs, trolls des montagnes, gobelins, créaures des marais... Rocombre a soumis leurs tribus les unes parès les autres et leur a fait jurer allégeance, parvenant ainsi à bâtir une armée de créature maléfiques capables de défier le puissant royaume des brumes, par ailleurs souvent embourbé dans ses luttes contre ses voisins. Mais ils ne sont cependant jamais parvenus à les abattre, leurs armées de créatures étant trop peu fiables dans les batailles.

Mais à présent, tout allait peut être changer.

Puisque la seule attaque de front ne suffisait pas à rompre la violence des soldats du Royaume des brumes, Rocombre avait engagé la lutte souterraine.

Ses espions et ses assassins avaient inflitré le Royaume, et faisait en sorte de miner par les fondation sa puissance.

Bientôt, le Royaume des brumes serait presque à genoux. Et les armées de Rocombre déferleraient sur ses terres...

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Par Shadowsoul Zéphyra
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Lundi 10 juillet 2006

Le bruissement du vent dans les arbres.
Une légère pluie qui commence à tomber.
Le croassement d'un corbeau attiré par  une odeur de chair morte.
Des bruits de pas lourds et le tintement du métal.
Un Choc.
Un râle rauque

Une autre créature vient de trouver la mort dans le bois de CastelBrume...

"Cessez cela, messire le Garde, vous voyez bien qu'il était déjà mort!!
-Foutaises, il a hurlé, je n'ai fait que l'achever. Je ne suis pas un soudard qui s'acharne contre un cadavre, si haï que soit mon adversaire!
-Si vous l'aviez tué proprement au lieu de vous contenter de le mettre hors de combat, vous n'auriez pas eu à faire ce genre de travail de bourreau. D'ailleurs pourquoi vous fatiguer? Nul ne viendra à son secours, il serait mort ici de toute façon.
-La dernière fois que j'ai laissé un adversaire agonisant sur le champ de bataille au lei de lui faire la miséricorde de l'achever, penser aux souffrances qu'il a sans doute enduré avant de rendre l'âme  m'a tourmenté toute une nuit. Être abandonné mourant et impotent sur un champ de bataille est un sort que je ne souhaite à personne, pas même à d'aussi vicieuses créatures que des trolls des bois."

L'étranger ne répondit pas. Il arracha brutalement sa dague de la gorge du troll archer et écartant un pan de son manteau, la glissa dans un fourreau de cuir.
Après un furieux combat, ils étaient finalement parvenu à repousser la horde, après que Karl eût transpercé la panse de leur chef, une créature fort grande pour cette engeance et maniant une énorme massues à pointes. Les derniers trolls s'étaient enfuis en glapissant de terreur...
"Continuons notre route."

Karl en fut abasourdi.
"Notre route? Qu’entendez vous par "notre"? Je vous ai rendu votre bien, maintenant je rentre derechef au château!
-S'il y a d'autres embuscades dans cette forêt, je ne tiens pas à les affronter seul.
-Pardonnez moi, mais cela ne me regarde plus. J'ai des devoirs à remplir et tous sont au château. Je ne puis me permettre de voyager avec vous.
-Messire je vous en prie, vous vous battez bellement, même si votre technique manque de finesse, et je n'oublierais pas que vous m'avez tiré d'une fâcheuse posture. Accompagnez moi au moins jusqu'à ce que je puisse vous rendre la pareille!!
-Je ne puis faire cela. Et puis si je ne me m'abuse, ajouta t-il d'un ton boudeur, vous vous y entendez mieux que moi en maniement de l'épée! Vous n'avez guère besoin de mes services.
-Tant pis pour vous dans ce cas!"
Sur ces mots et sans les lui expliquer, l'homme en Noir, tournant dos à Karl, et commença de retirer son manteau.
La capuche tombée laissa d'abord apparaître une cascade de cheveux noirs et lisses, puis quand le manteau fut à terre une silhouette féminine s'offrit à la vue de Karl.

La femme se retourna, et Karl put voir que l'étoffe de l'habit pratique qu'elle portait était déchirée et tâché de sang au niveau de l'épaule.

"Vous êtes blessée!"
-Comprenez vous à présent pourquoi je ne puis me permettre de continuer ma route seule? Cette blessure n'est pas vraiment grave, mais elle est fort gênante pour manier l'épée. Je ne pourrais guère me défendre efficacement... Je vais avoir besoin d'une escorte..."
Elle s'interrompit, sembla réfléchir un instant, et ajouta avec un sourire étrange:
"Et puis vous ne seriez guère galant d'abandonner une Dame dans une telle situation!"

Karl en rougit brièvement, puis baissa les bras.
"C'est d'accord... je vous accompagne... Par où allez vous?
-Je suis attendue dans le prochain village, vous pourrez m'y laisser.
-Bon je pourrais toujours là bas envoyer un coursier au Château pour expliquer mon absence. J'accepte de vous escorter...
-Si ce n'est pas trop demander...
-Allez y, au point où j'en suis...
-Pourriez vous en outre m'aider à panser ma blessure? Je n'y entends rien en guérison... Et en temps que meneur d'hommes, vous devez tout de même avoir quelques connaissances dans ce domaine...
Karl soupira. C'était parfaitement exact.

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Ils se remirent en route, non sans avoir détroussé les trolls de quelques bourses probablement prélevées sur des voyageurs imprudents. Ils allaient devoir poursuivre leur route à pied, ces maudites créatures ayant occis leurs montures. La jeune femme avait à nouveau revêtu son manteau noir, avec un bref coup d'oeil désolé pour la déchirure à l'épaule.
Karl était parvenu à panser convenablement l'épaule de sa compagne de route, qui avait grimacé quand elle avait tenté par curiosité de manier un peu sa lourde lame.
"Cette fois c'est certain, avait elle soupiré, je vais être incapable de me défendre seule jusqu'à ma guérison. C'est une chance d'être tombée sur vous messire... Messire?
-Karl... Karl, Capitaine des gardes de CastelBrume.
-Merci à vous, Karl.
-De rien, ce n'est qu'un étonnant concours de circonstances, et quand à vous accompagner vous ne m'avez guère laissé le choix." conclut-il d'un air badin.

Ils parvinrent largement avant le coucher du Soleil au village en question, hameau boueux et sinistre fort ordinaire.
"Bon je vais vous laisser ici, vous savez où trouver vos compagnons?
-Oui mais attendez je vous prie! Je veux quand même vous présenter à eux!"
Karl réfléchit brièvement.
Il avait suivi cette inconnue parce qu'il était persuadé qu'elle était l'assassin du Roi, il devait trouver un prétexte pour s'éclipser et faire son rapport à CastelBrume...
Mais après tout, il pouvait la suivre et tenter d'en apprendre plus sur les tenants et aboutissants de ce crime...
"Alors? Insista-t-elle.
-Heu... oui certes j'en serai ravi, je vous suis!

Elle le mena jusqu'à une taverne d'aspect peu engageant.

Il tomba un instant en arrêt devant l'entrée. Et si c'était un piège? Si elle essayait de faire disparaître un témoin gênant? Il y avait de fortes chances pour qu'une bande de brutes se tiennent à l'intérieur, attendant le moment propice pour se jeter sur lui et l'occire... ou alors...
La voix insistante de la jeune femme l'appela de l'intérieur.

Il prit son courage à deux mains, et fit un pas dans la pénombre peu accueillante et mal famée de la taverne...

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Par Shadowsoul
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Lundi 10 juillet 2006
Chapitre 3 : Nouvelle route

 


A son propre étonnement, nul ne se jeta sur lui, dague à la main, nul ne lui abattit de massue sur la nuque, nul projectile ne fut expédié dans sa direction. Il n'y avait là qu'un regroupement fort ordinaire de pauvres bougres et de voyageurs, et le tavernier qui le salua poliment en voyant sa livrée de Capitaine de la garde. Les quelques torches aux murs et les rares ouvertures de la pièce la rendaient peu éclairée, mais il n'y avait pas de recoin vraiment sombre où un individu louche aurait pu se tenir caché.

Rassuré, il rejoignit  la jeune femme qui se tenait debout en train de converser avec plusieurs personnages encapuchonnés, et vraisemblablement là depuis longtemps à en juger par la quantité de choppes vides gisant sur la table où ils s'étaient installés.

 «  Ah le voici enfin! Compagnons, je vous présente messire Karl, qui m'a sauvé la mise dans le bois de CastelBrume, a pansé ma blessure, et m'a escorté jusqu'ici. »
Elle l'invita d'un geste de la main à se rapprocher, et ajouta plus bas, avec un clin d'oeil qu'elle voulait sans doute imperceptible mais qui n'échappa pas à Karl:
 «  En outre, vous devriez le voir se battre... Un vrai loup! »
Quelques capuches se relevèrent légèrement.
Une voix grave se fit entendre de l'une d'elle, un rien méfiante.
 «  C't un garde du Castel ça, je fais pas erreur? 
-Oui mais...
-Alors remercie-le et renvoie-le. J'suis sûr qu'on fait mieux comme loup... »
La jeune femme parut contrariée, mais elle se rapprocha de celui qui avait parlé et lui dit quelque chose à voix basse. Karl eut beau tendre l'oreille, il n'entendit rien.
L'homme encapuchonné baissa la tête, et fit un signe à ses compagnons. L'un d'eux, à la voix plus claire, plus jeune et aussi plus maniérée parla alors à son tour:
«  Vous resterez bien prendre une choppe avec nous messire? Nous nous devons de vous remercier comme il se doit pour avoir veillé sur notre amie.
-Ce serait avec grand plaisir, répondit poliment Karl, bien que sur la défensive; mais je ne sais pas si ce serait raisonnable, ma place est au Castel et...
-Allons ne soyez pas si intransigeant avec vous même! Buvez donc mon ami, c'est moi qui payerai. Vous nous raconterez en détail comment vous avez sauvé la vie de Dame... » le coup de coude qu'il reçu de son voisin n'échappa pas à Karl. «  ... De notre amie! »

Karl soupira mais accepta l'offre. Il prit un tabouret inoccupé à une table voisine et s'attabla avec la compagnie.

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 «  Nous...fiers...servir....Rocombre! »
La massive créature mit un genou en terre et s'inclina en une parodie grotesque de révérence, devant les envoyés du Cailloux Noir, le nom sous lequel les Trolls des montagnes désignaient Rocombre.
Le Roi des Trolls des montagnes avait vu la défaite de son meilleur Chasseur face au champion de Rocombre, un inquiétant guerrier entièrement recouvert d'une armure noire frappée de l'emblème de son maître, une tour foudroyée.
Les Trolls avaient été stupéfaits de la rapidité du combat. Le combattant de Rocombre avait esquivé sans difficulté le coup de masse de son adversaire, et d'un coup d'une violence inouïe, lui avait tranché la tête de sa longue épée.

Désormais, les Trolls des montagnes suivraient Rocombre, et ce serait assurément une aide considérable que ces puissantes créatures, au cuir épais, à la force effroyable et à la taille impressionnante, si différentes de leurs cousins des marais et des forêts. Seule leur stupidité légendaire les handicapaient, mais ils n'auraient guère besoin de finesse pour l'emploi auquel on les réservaient; porter des charges, enfoncer des portes, ou encore broyer des crânes et des os sous les coups de massues et semer la terreur dans des rangs adverses. Ils n'auraient qu'à suivre les ordres de Rocombre. Ils n'auraient pas à réfléchir par eux même.

Bientôt, tout serait prêt.

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Par Shadowsoul
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